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Texte coup de poing, dans une mise en scène vouée à la puissance des mots et à l’énergie des artistes, poète, comédien et musicien, V. redonne sa place aux rôles social et politique du verbe et de la scène.
Le grand poème dramatique de l’anglais Tony Harrison date de 1985 et prend place dans le Royaume-Uni exsangue des années Thatcher.
Le pays vit au rythme des grèves de mineurs. Dans un cimetière de Leeds, l’auteur vient nettoyer la tombe de ses parents. A proximité, un jeune hooligan, crâne rasé, sorti du stade, profane les tombes. S’entame un dialogue violent sur l’état du monde. Dialogue de sourd, confrontation entre un poète et un chômeur qui pourrait être celle d’un fils et d’un père, à la charnière historique de l’écrasement de la classe ouvrière.
Le V. de « Victoire », rendu célèbre par le geste de Churchill, sonne ici comme ironie de l’histoire ou provocation du poète. Pourtant ce poème épique s’inscrit dans la tradition de la méditation shakespearienne, superbement traduit en alexandrin par Jacques Darras, qui en a conservé la fougue et l’irrévérence.
« On a rarement aussi intimement croisé, entremêlé, fondu violence poétique et violence de classe. Claude Guerre dans une mise en scène sobre, sans fioritures, toujours en tension, Guillaume Durieux, au jeu sans aucune mimique, droit face au public, se retirant et revenant à la charge du texte, Jean-Philippe Dary, le musicien, créant un relief par l’alternance de la basse et du piano, tout concourt à rendre cette rage de l’Angleterre blessée, révoltée, méditative, d’une profonde humanité ». L’HUMANITE
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