|
|
Devant sa télé et ses défilés d’animateurs à la vulgarité clinquante, notre héroïne de la précarité bascule dans un monde imaginaire où elle partagerait leurs paillettes. Toute la schizophrénie des temps présents apparaît alors, dans la figure de l’isolée qui se dédouble littéralement sur scène, rampe sur les sables mouvants de sa solitude, rit ailleurs à la frontière de l’hystérie dans un dîner de cyniques encravatés. La fantasmagorie vire au burlesque avec un texte qui perd de son mystère. Mais nous voilà rattrapés par les jeux de l’illusion et de la confusion, alimentés tantôt par des interprètes à moitié camouflés sous des pans de lycra, tantôt par des manipulateurs faisant surgir des bouts de corps d’un plateau à double fond. C’est sûr qu’ils n’en ont pas pour leur ego, les interprètes de Julie Bérès. Mais les images qu’ils parviennent à créer, imprimant la rétine et tenant les méninges en haleine sont toutes à leur honneur.
|