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Moi ce que je veux c’est soit star de cinéma soit comique à la mode soit, au pire, animateur populaire avec Télé 7 jours. Mais pour les Arabes c’est plus facile de rentrer à Al-Quaïda qu’à TF1 à cause des quotas. Ainsi débute le roman Allah, superstar, de Y.B., dont la compagnie Ali Simple vous propose de découvrir l’adaptation pour la scène. Il s’agit bien ici de suivre pas à pas l’ascension sociale d’un jeune homme de notre temps. Kamel Léon Hassani, franco-algérien de 19 ans, veut devenir à l’image de son idole, Djamel Debbouze, le plus grand comique d’origine difficile. Qualification ironique pour indiquer que quand on ne porte pas le « bon » nom, qu’on n’habite pas le « bon » quartier et qu’on ne pratique pas la « bonne » religion, la route vers le succès risque d’être un tout petit peu plus longue. Mais peu importe. Kamel sait que son one-man-show va forcément avoir du succès, car il a trouvé le bon pitch pour être à la mode : incarner la marionnette d’Oussama Ben Laden, telle que l’ont construite Les Guignols de l’Info, dans un répertoire de sketchs islamistes. De son premier showcase devant ses amis du quartier jusqu’à la scène de l’Olympia, Kamel se (la) raconte. Sa langue est féroce et son humour grinçant. On croise une galerie de personnages truculents évoluant dans une drôle de société. La société française d’aujourd’hui où les rapports humains semblent plus orchestrés par l’intérêt, le mensonge et la cupidité que par la sincérité. Une société où le succès médiatique et rapide semble devenue la clé de voûte de la réussite. Le chemin du jeune Kamel dans cette jungle sera fracassant.
Y.B. (alias Yassir Benmiloud) est un romancier et journaliste algérien. Il fut menacé de mort pour ces chroniques contre le pouvoir militaire et les islamistes dans le quotidien El Watan pendant la guerre civile algérienne des années 1990. Exilé en France où il vit toujours, il publie Allah, superstar en 2003. Son dernier roman Commissaire Krim paraît aux éditions Grasset en 2007.
Olivier Cherki est acteur et directeur artistique de la compagnie Ali Simple (Paris). Son parcours l’a conduit à privilégier les expériences théâtrales alliant le poétique et le politique. Au Granit, il a joué dans deux productions de la compagnie GBEC (Besançon) : Vous avez de si jolis moutons, pourquoi vous ne parler pas des moutons (2006), travail sur les mémoires coloniales franco-algériennes et Naqba (2008), projet portant sur la Palestine.
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