Nous partons du principe que Gaïa, suivant le fil d’une logique onirique, peut revêtir plusieurs identités au cours du spectacle sans cesser d’être elle-même.
Après avoir été plumée et broyée comme un poulet par une machine absurde, Gaïa se retrouve dans un non-lieu, une antichambre, une salle d'attente…
le Purgatoire. Sur une scène, dans une salle, Gaïa attend... ce que l’on peut attendre dans ce genre d’endroit : que son dossier aboutisse. Puis, dans ce non-lieu, dans la salle d'attente, Gaïa se voit contrainte par une voix synthétique et aberrante d’apprendre la langue des traditions, la langue du Purgatoire : le latin. La machine s’enraye et laisse Gaïa épuisée et interdite sur sa chaise. Gaïa commence à rêver. Elle se voit exécutant une sorte des Danse des Cygnes pathétique qui la persuade peu à peu qu’elle est un ange.
Nuit. Un néon clignote. 18ème étage d’une grande entreprise. L’ange Gaïa entre avec un balai et commence son travail, sa routine. Elle enfile sa blouse : des ailes. Sur une scène, dans une salle, sur une chaise, l’ange standardiste répond au téléphone et s’amuse à raccrocher au nez de ses interlocuteurs… Un corbeau passe, l’ange le regarde fasciné puis tente de prendre lui aussi son envol, mais la grâce tarde : L'ange tombe et se rate. Le diable jubile. Gaïa en diable de bas étage, dont le « dossier » a été refusé aussi, tente de se recycler en crooner de boîte de nuit minable et se prend peu à peu pour un animateur vedette...
Entre rêve et cauchemar, on se retrouve dans un monde intermédiaire privé de repères, où plane comme une atmosphère d’épidémie, de fléau, et dont les personnages, déçus de leur destinée, ressentent le malaise.
Une alarme retentit : réveil de Gaïa, qui tente de s’enfuir mais revient toujours au même endroit. Comment sortir de là ?... tentative de mea culpa…Elle réapparaît vêtue d’un voile de nonne et tente un chant de séduction maladroit pour se faire pardonner ses fautes.
Le Péché est une tache près d’une chaise, sur une scène, dans une salle, dont on ignore la provenance et qu’on aimerait voir effacée ; mais malgré nos efforts cette tache grandit, rétrécit, puis grandit et s’étend… |
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