Salim occupait jadis le poste d'intendant général dans un lycée et sa femme Shéhérazade celui de professeur de français. Faisant partie de la génération des Algériens qui a été formée en langue française, ils se sont retrouvés tous deux au chômage après que la loi sur l'arabisation de l'enseignement fut décrétée.
Ils ont dû quitter le logement de fonction qu'ils occupaient à l'intérieur du lycée pour se retrouver avec leurs enfants dans un bidonville de la périphérie d'Alger.
En bon Algérien « qui se respecte », Salim s'est toujours frotté avec succès à ce sport national qu'est la mécanique. Pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille, il a ouvert un atelier de réparation automobile.
Avec une verve toute méditerranéenne, ce couple truculent nous raconte leur vie. Ils nous fait également découvrir les personnages hauts en couleurs qui animent ce campiello algérien. Il nous révèle l'absurde de leur quotidien, il témoigne de l'ingéniosité de chacun pour accéder par la ruse à la modernité et aux technologies nouvelles. Les activités de l'atelier de mécanique, les techniques farfelues pour fabriquer des paraboles avec des couscoussiers destinées à capter les médias internationaux, les astuces déployées pour faire face aux coupures d'eau imposées depuis les années 1980 jusqu'à nos jours, font partie des mécanismes de résistance dont Shéhérazade et Salim sont les acteurs. Avec un humour parfois noir et souvent tendre, ils nous entraînent joyeusement dans cette société où la tradition et la modernité ne cesse de jouer au chat et à la souris.
Fellag
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