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Théâtre

L'Oral et Hardi
Textes de Jean-Pierre Verheggen / Jeu et mise en scène Jacques Bonnaffé
Mardi 24 mars à 20h30 au Granit COMPLET

 

  

D’abord un bain de foule, on serre les mains. On se fait acclamer pour aussitôt protester de sa modestie, gagner la tribune et s’y perdre en circonvolutions poétiques : L’oral et Hardi, discours de campagne d’un éventuel non-candidat probable. L’Oral et Hardi, portrait de l’artiste en hercule de foire, regroupe quelques grands textes étonnants de Verheggen, ses odes homériques, ses harangues, ses morceaux de brave homme, ses discours manifestes.

« La langue m’échappe depuis toujours. Je n’arrive pas à la saisir. Je confonds tout : Freud et Fred, le danseur de claquettes ou, aujourd’hui Tintin et Desmond Tutu, Madame Bovary et Monsieur Bovidé. Ou Tiresias et Mamelle, j’en passe et des plus belges… Cette mésaventure des lapsus et des sons, cette faute de frappe au bord des lèvres nous ressemble, au Nord. Plus rare est l’idée de s’obstiner dans l’erreur et d’en faire quelque grande chose. Cela donne dans mon coin le personnage de Jules Mousseron — Zeph Cafougnette, celui qui cafouille — joué pendant des années avec La Fanfare. Qui me ramène outre frontière à Verheggen lorsqu’il ajoute Je suis un handicapé de la langue, un languedicapé de naissance. » Jacques Bonnaffé

Jacques Bonnaffé est un amoureux des mots et, comme il est d’un tempérament généreux, il a fait fructifier le don de faire partager sa passion. Partant des textes de Verheggen, il a réalisé un spectacle qui tient du burlesque, de l’art du clown, du slam et de l’engagement politique. Son spectacle, littéralement explosif, où il fait preuve d’une truculence rabelaisienne, est un petit régal. Télérama

Jacques Bonna é ne fait décidemment rien comme tout le monde. Il entre en scène en surgissant de nulle part, il s’attarde, bégaie même, engoncé dans un costume gris souris et des souliers vernis. C’est de la vie qui court dans cette poésie, à la fois érudite et populaire, drôle et inquiète. Verheggen défie la poésie bien-pensante, raille les académismes de tout poil, pourfend le lyrisme de bon aloi, échafaude des barricades où l’on se jette des mots à la tête pour résister. La langue du poète belge ne renonce pas ; elle devient manifeste pour jeunes gens qu’elle appelle de toutes ses forces à se rebeller, à prendre d’assaut la langue, la pensée, la vie. l’Humanité