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Théâtre

Treize semaines de vertu
Texte de Stéphane Olry / Dramaturgie Frédéric Révérend
Mardi 10 à 19h30, mercredi 11 à 20h30, jeudi 12 à 19h30, vendredi 13 à 20h30, samedi 14 février à 19h30 au fumoir du Granit / Mardi 17 à 19h30, mercredi 18 février à 20h30, jeudi 19 à 19h30 et vendredi 20 février à 20h30
à la Mairie de Delle

En partenariat avec Delle Animation et la Ville de Delle

 
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REVUE DE PRESSE

Espièglerie ludique pour un sage exercice, le récit singulier par Stéphane Olry de l'expérimentation des treize semaines de vertu de Benjamin Franklin. Programme ambitieux mais réussi.
À l'origine des Treize semaines de vertu de Stéphane Olry, une commande du Château de La Roche-Guyon pour la célébration du tricentenaire de la naissance de Benjamin Franklin. Rédacteur de la première Déclaration des Droits de l'Homme, Franklin est l'auteur d'un exercice de treize semaines à fin de vertu. Une mise en pratique régulière dont il donne le mode d'emploi. Et puisqu'il s'agit d'une sorte de " body-building de l'âme ", les fameuses vertus sont classées par ordre de difficulté : sobriété, silence, ordre, résolution, économie, application, sincérité, justice, modération, propreté, tranquillité, chasteté. Prévenant l'accusation de présomption, on y rajoute l'humilité. Des qualités martiales, républicaines et laïques, proches de l'éducation même d'Olry, aidé par Frédéric Révérend, un savant garde-fou avec lequel il prend rendez-vous pour des échanges téléphoniques. C'est un voyage au long cours dont les relations amicales et professionnelles peuvent souffrir.
Ton de confidence pudique à travers les notations les plus banales. Avec Mathias Poisson qui illustre corporellement le propos, Olry décline son aventure à sa façon méthodique et désuète, distante et ironique, dans l'espace intérieur d'un bureau de travail, avec carnet et ordinateur, face à un public d'amis, les spectateurs. Des détails quotidiens étayent la progression de l'expérience, Olry fait l'inventaire des états privés d'une vie réglée : " J'aime faire les courses, remplir le réfrigérateur... " Le patient s'en abstient désormais, lors de sa semaine de sobriété. Quant à celle du silence, il décide de ne plus intervenir aux séances de la Coordination des Intermittents du Spectacle, n'écoute plus la radio et dort la fenêtre ouverte pour écouter les bruits de la ville. Ce qu'aurait tant aimé Corine Miret, collaboratrice artistique et épouse d'Olry dont on apprend mélancoliquement la séparation. Ils auraient pu vivre ensemble longtemps encore dans un château dont chacun aurait occupé une aile. Mais qui peut acheter un château ? C'est ce ton de confidence pudique à travers les notations les plus banales qui font la force de ce témoignage inclassable. Des moments de saveur existentielle partagée, des instants où chacun se reconnaît dans cette vie de tous les jours, modeste et grandiose. Une façon d'être qui s'oppose aux vertus bruyantes et spectaculaires de nos temps, l'humour, la séduction, le dynamisme, la créativité, la flexibilité, l'autonomie, le brio... Astucieux.

Véronique Hotte
La Terrasse
septembre 2007