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Théâtre
Mesure pour mesure
Texte de William Shakespeare
Mise en scène de Jean-Yves Ruf
Mercredi 18 à 20h30 et jeudi 19 février à 19h30 au Granit
En partenariat avec L’Arche, scène conventionnée pour l’enfance et la jeunesse, scène jeunes publics du Doubs.
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réservation

Plusieurs fois programmé au Granit avec Comme il vous plaira, un plus un, et l’apprenti, le cuistot, les odeurs et le piano. Jean-Yves Ruf, vient de nouveau à Belfort pour nous présenter un Shakespeare. Cette pièce, fait partie des inclassables de son oeuvre, mais aussi des moins connues de son répertoire. Tantôt comédie, tantôt tragédie, elle vogue sur les eaux troubles du désir. Dans une Vienne putride, le Duc Vicentio annonce qu’il part en voyage, confiant la régence à un de ses proches, Angelo. Durant son intérim, ce dernier en profite pour condamner à mort un jeune homme, Claudio, pour fornication. Isabelle, nonne novice et chaste, mais aussi soeur de Claudio, conclu un marché avec Angelo qui éprouve du désir à son égard afin de sauver la vie de son frère. Va-t-elle céder au pécher originel ? De plus, le Duc Vicentio, déguisé en moine, est resté là pour observer et tirer les ficelles de ce manège et ainsi traduire une leçon de morale envers l’hypocrisie de certains.Ce projet, Jean-Yves Ruf, le mûrit depuis des années. De plus, il a pensé à son frère, Eric Ruf, pour tenir le rôle d’Angelo après l’avoir vu jouer Hyppolite dans Phèdre, monté par Chéreau. Outre cette participation familiale, il réitère sa collaboration avec André Markowicz, qui lui a traduit le texte de Comme il vous plaira et aujourd’hui celui de mesure pour mesure. « André Marckowicz traduit en ce moment Richard III. Il dit que tout est en vers régulier et équilibrés. Dans Mesure pour Mesure, c’est l’inverse : du vers blanc, du vers rimé, de la prose ».
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Un des noeuds de la pièce réside sans aucun doute sur la décision d’Isabelle, prête à sacrifier son frère pour sauver son honneur de femme. Et dit à son frère de se réjouir de mourir ainsi. Il y a là pour moi une manière de vivre sa foi qui glorifie l’autre monde, la mort (tout rêve de pureté aboutit à cela) au détriment de la complexité du vivant. Comme Angelo il y a une négation de la vie, un refus de compromission avec la vie, qui est toujours trouble, dangereuse, contradictoire. Enfin, il y a le personnage principal : le duc, mi-sage, mi-pervers. Un personnage trouble, féminin, sensuel, qui s’amuse comme un petit fou. C’est lui le metteur en scène qui, déguisé en moine, fait basculer la pièce dans une farce incroyable. Il est un expérimentateur : si l’on prend un jeune homme qui se dit sourd aux tentations du monde (Angelo), que devient sa pureté quand on lui donne tous les pouvoirs ? Est-ce que sa rectitude morale résiste à l’exercice du pouvoir ? Ce sont des questions qui restent évidemment d’actualité... Jean-Yves Ruf
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UN PEU D'HISTOIRE
Jouée pour la première fois le 26 décembre 1604 au Palais Royal de White Hall à Londres, Mesure pour Mesure se situe entre Othello et Macbeth dans l’œuvre shakespearienne. Directement inspirée du Promos et Cassandre de George Whetstone publiée, mais jamais jouée, en 1578 et de Epitia de Cinthio parue en 1583. Avec Troïlus et Cressida et Tout est bien qui finit bien cette pièce appartient à ce que les analystes britanniques shakespeariens appellent les « Problem Plays », les « Pièces à Problèmes » compte tenu de la complexité des intrigues mises en place par l’auteur. Elle a toujours fasciné ses lecteurs et ses traducteurs. André Gide la trouvait « admirable », Swinburne la considère comme « un grand poème indéfinissable » et le poète Coolridge « souffrait à la lire ». Laissée dans l’ombre pendant tout le XIXème siècle, c’est en 1933 qu’elle réapparaît sur les plateaux grâce aux interprétations magistrales de Charles Laughton et de James Mason à l’Old Vic Theater de Londres. Depuis elle ne cesse d’être jouée et de donner lieu à des mises en scène marquantes dont celle de Peter Brook en 1950 avant Declan Donnellan, Peter Zadek et Stéphane Braunschweig qui l’a mise en scène avec des acteurs anglais. Jean-François Perrier
Jean-Yves Ruf
Après une formation littéraire et musicale, Jean-Yves Ruf intègre l’Ecole nationale supérieure du Théâtre National de Strasbourg (1993-1996) puis l’Unité nomade de formation à la mise en scène (2000), lui permettant notamment de travailler avec Krystian Lupa à Cracovie et avec Claude Régy.
Il est à la fois comédien, metteur en scène et intervient dans différentes universités et écoles de théâtre, comme l’HETSR à Lausanne ou l’Ecole du Théâtre National de Strasbourg.
Parmi ses récentes mises en scène, on peut noter Cosi fan tutte avec l’Atelier lyrique de l’Opéra national de Paris (créé à l’Opéra de Rennes en novembre 2007 puis à la MC93), L’apprentie, le cuistot, les odeurs et le piano (créé au Granit Belfort en janvier 2007), Silures (créé à la Manufacture de Nancy en janvier 2006 puis à MC93), Un plus Un (créé au Théâtre Vidy-Lausanne en 2004), Comme il vous plaira de William Shakespeare (MC 93, 2002), Erwan et les Oiseaux (création jeune public, 2001), Chaux Vive (créé au TNS en 2000).
Il a joué dans La cerisaie d’Anton Tchekhov mis en scène par Jean-Claude Berruti, dans Platonov du même Anton Tchekhov et Catégorie 3.1 de Lars Noren mis en scène par Jean-Louis Martinelli.
Il dirige depuis janvier 2007 La Manufacture – Haute Ecole de Théâtre de Suisse romande à Lausanne.
DISTRIBUTION
| mise en scène |
jean-yves ruf |
| assistante à la mise en scène |
christelle carlier |
| scénographie |
laure pichat |
| costumes |
claudia jenatsch |
| lumière |
christian dubet |
| son |
jean-damien ratel |
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| avec |
jérôme derre
eric ruf sociétaire de la comédie française
laetitia dosch
igor mendjisky
pierre hiessler
alexandre soulié
jean-jacques chep
jacques hadjaje
noémie dujardin
jacques tresse
xavier legrand
laurent menoret
christelle carlier |
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