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La peur de mourir est un sentiment humain. La vie s’organise autours de cet axe : la fin. C’est à partir de cette idée que Damien Bouvet fait vivre son clown. Il s’agit de dire que nous ne sommes pas immortels, de parler du vieillissement, de l’affaiblissement, de nos mues successives. C’est un spectacle sur la façon dont le temps travaille le corps. Et pour y parvenir, le clown se métamorphose, tantôt en Marilyn aux écailles d’argent, tantôt en Dodo, ce fabuleux oiseau aujourd’hui disparu. Images du passé pour définir notre avenir tangible. Il flirt entre le théâtre d’objets et l’art clownesque. Çà et là des caddies, des ballons, des micros, des bouquets servent ses transformations. Et le crâne comme élément central, rappelant curieusement Hamlet. Le monde de l’enfance, n’est jamais loin. Il nous rappelle que rien n’est immuable, que le corps et les choses sont en perpétuel changement. Que serait la vie s’il n’y avait pas la mort ? Il nous permet d’accepter nos mutations : il existe un passage obligatoire qui va du monde de l’enfance à celui de l’âge adulte ; nous apprenons que l’une des seules choses que l’on perd lorsque quelqu’un meurt, c’est le son de sa voix. Alors peu de paroles, simplement un fond sonore qui accompagne les dix huit tableaux que nous offre l’artiste. Damien Bouvet, créateur d’infini, joue sur tous les registres de son art : passant du comique au tragique, mêlant « le sublime et le grotesque », sur tous les rythmes et sur tous les tons, il nous fait rire, nous attendrit, nous émeut et nous fait peur. Il réveille en nous, dans leur fraîcheur intacte, la violence des sensations de l’enfance. Alors, Quand on dit fini, fini, est-ce que c’est vraiment fini ? Sinon il suffirait de dire fini, une seule fois. Un artiste rare, fragile et troublant, un spectacle envoûtant.Damien Bouvet travaille avec la compagnie VOIX-OFF créée en 1986. La recherche de la compagnie est centrée sur la mise en jeu du corps, l’expression de sa matérialité. Le geste, la quasi-absence de parole et la fabrication-manipulation d’objets permettent d’inventer l’espace théâtral. Les thèmes abordés sont fondés sur le monde de l’enfance, sur la mythologie propre à ce monde et sur le rapport de l’homme à son animalité. Depuis le premier spectacle de Damien Bouvet, il y a un seul corps sur scène, un seul acteur : la manière la plus directe de questionner l’unique et l’universel.
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