Mlua s’emploie en Baham (dialecte de l’ouest du Cameroun) pour désigner les nuages, l’impression de brouillard et de visibilité restreinte. C’est le titre de l’exposition, comme celui du film éponyme de la performance réalisée par Anne Durez, le 2 septembre 2006 à Baham. Il s’agit d’une lecture par Samuel Tchuenche Kamdem, comédien camerounais. L’action se déroule dans son village en pleine saison des pluies. Elle commence avec le début de la pluie, qui s’intensifie au point d’aveugler progressivement le lecteur. Autour de cette oeuvre vidéo, l’installation se compose d’images, de dessins et d’une pièce sonore qui sera activée quotidiennement à la tombée de la nuit. Quelques mois après son exposition à la Galerie ( décembre 2004 ) Anne Durez effectuait un séjour de 3 mois, durant « l’hiver éclairé » ce passage de la nuit polaire au jour continu, au Spitzberg (dernière terre habitée avant le pôle nord). S’ensuivit un voyage au Cameroun. De ces deux destinations antinomiques, l’artiste fait les champs d’exploration de problématiques récurrentes dans son travail : l’identité, le corps pris dans des situations qui ne cessent de la mettre à mal, de le mettre mal à l’aise. « La conscience du vécu se loge dans les gestes et les postures, au travers des éléments qui le contraignent. Les formes naissent et disparaissent, comme le reste. Il en va de la survie de la pensée, de l’impossibilité de son immobilisme, comme de celui du corps à l’extérieur. Il en va de ce lieu comme d’une errance légitime, conjuguant une prise au réel qui n’a rien à envier à la fiction. »
Anne Durez vit et travaille à Paris. Autres expositions : en 2008 : Le Triangle à Rennes (10 janvier - 9 mars), la Galerie du Dourven, ODDC Basse-Normandie (9 février - 5 avril), en 2007 : le CDN de Caen ( 19 - 26 novembre ), Mimetic, Château de Tanlay, Yonne, en 2006 : Galerie Zürcher, Paris – Rendez-vous 2005, Galerie des Terreaux, Lyon – Musée Calbet, Grisolles (2005).