Ils sont deux, se déclarant « détachés d’embrassades culturelles », questionnant les limites (utopistes) de l’art contemporain et nous invitant au voyage : en cette période de pré-vacances, ces deux cartographes de l’imaginaire, prospecteurs de lieux, de corps et de paysages conjuguent leurs pratiques entre poésie, géographie, art et sciences.
Stéphane Donatien, longtemps complice de Raymond Hains, a fait de la Gare de Gaël en Bretagne, le centre de son monde. C’est bien cependant pour l’éclatement de la notion de territoire, le dépaysement total, qu’il œuvre, en s’attachant à établir des « alignements » reliant entre eux des lieux selon leurs latitudes et longitudes, aux 4 points cardinaux.
Gérard Hauray, quant à lui, brosse les semelles des passants (comme on brosse un paysage) et avec les poussières collectées et mises en cultures, il donne vie à de nouveaux paysages, établissant un dialogue entre matériaux naturels et tradition de la peinture, dans une relation de proximité avec ce qui s’offre à portée de sa main. L’itinérant, le voyageur, importe et exporte les paysages qu’il traverse, ce rôle d’import-export clandestin, met à jour un trafic de multiples migrations qui dure depuis des millénaires.
A quels lieux donc va être relié le Granit du nord au sud, de l’est à l’ouest ? Les artistes accueilleront les visiteurs «candidats au voyage» dans la Galerie devenue agence de voyage pendant la durée de l’exposition. Munis de leur coordonnées de latitude et de longitude précises, ils deviendront des outre passeurs de frontières. Vers quelles destinations ?