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Théâtre

Lettres aux provinciales
Véra Bosc / Yaël Elhadad et Thierry Bosc avec Elsa Bosc

Paris, juillet 1944 : Véra Bosc a 24 ans lorsqu’écrit à sa mère, réfugiée en Province, à qui elle a confié ses deux jeunes enfants. Elsa Bosc, comédienne, restitue 60 ans plus tard la parole de Véra Bosc, sa grand-mère, le tout mis en scène par Yaël Elhadad et Thierry Bosc, son père.


Ce texte épistolaire est écrit un mois avant la libération de Paris : le débarquement en Normandie vient d’avoir lieu. L’étau se resserre autour de la capitale, et l’on craint l’imminence de bombardements. On craint aussi la famine, car la nourriture se raréfie. A travers cette lettre, on découvre la vie quotidienne d’une jeune femme, enceinte, et de son mari dans la capitale occupée en proie aux restrictions et à la peur. Quatre mois plus tôt, Véra et Francis Bosc ont confié leurs deux enfants à « Manou », la mère de Véra, au Mans. Ils ne se retrouveront qu’en septembre 1944.
Véra et Francis se sont rencontrés à la faculté de théologie de Paris. Ils animent ensemble, en tant que pasteurs, une communauté protestante et un centre social, appelé « Foyer de Grenelle », situé dans un quartier de Paris très populaire à cette époque. Toute leur vie et tout particulièrement durant cette sombre période, ils vivront leur sacerdoce en étroite communion avec leurs convictions et engagements politiques et sociaux, à l’image de ces « Justes » reconnus chaque année et qui ne considèrent en aucune façon leurs actes ou interventions comme héroïques ou faits de Résistance mais naturels et indissociables de leur vie.
On a vu, revu, lu et entendu beaucoup de choses sur la Seconde Guerre Mondiale. Ici, on regarde à la loupe un petit « détail » dans tout ce chaos : un pan de l’Histoire rarement dévoilé et qui pourtant en dit long… il ne s’agit plus de vivre, mais de survivre avec ses propres armes: l’humour, le courage et la foi. Un quotidien que connaissent tous les parisiens : celui de la « débrouille » pour subvenir aux besoins vitaux. En revanche, pas d’allusion aux événements, ni aux services rendus à la Résistance… Ce « quotidien-là », par précaution, n’apparaît pas explicitement dans la lettre. Il se devine entre les lignes.
Sans ajouter une virgule au texte, ni altérer cette parole brute, l’accent est mis sur la spontanéité et le concret du récit, tout en laissant la place aux silences qui se devinent tout au long de la lettre. Une plongée poignante dans l’histoire d’une famille et d’une époque.


Durée : 1 heure environ

Distribution :
Texte : Véra Bosc
Mise en scène : Yaël Elhadad et Thierry Bosc
Création Lumière : Kelig Le Bars
Avec : Elsa Bosc



saison
08-09