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depuis 1991

Théâtre
Meilleurs Souvenirs de Grado
Texte de Kroetz / Mise en scène de Benoit Lambert
Mardi 11 à 19h30, mercredi 12 à 20h30, jeudi 13 à 19h30, vendredi 14 à 20h30 et samedi 15 décembre à 19h30. Mardi 18 à 19h30, mercredi 19 à 20h30, jeudi 20 à 19h30 et vendredi 21 décembre à 20h30 – A la Coopérative, rue Parisot, Belfort
En partenariat avec le Nouveau Théâtre, CDN de Besançon

contact production :
Théâtre de la Tentative - Sophie Chesne, administratrice
42 rue Monge 21000  Dijon
06 15 36 06 91 - 03 80 30 09 15
sophie.latentative@free.fr
 

 

Meilleurs Souvenirs de Grado, c'est Roméo et Juliette, Tristan et Iseul ou Mesa et Isé, dans l’enfer du tourisme de masse…

C’est l’histoire d’un couple d’allemands qui passe des vacances en Italie.
C’est l’histoire d’Anna et Karl, qui s’aiment sur la plage et qui envoient des cartes postales.
C’est l’histoire d’Anna et Karl qui vont en bateau, à la cafétéria, au concert, et même à Venise.
C’est l’histoire d’un couple d’ouvriers qui découvre le prix des loisirs qu’on a organisé pour lui.
C’est l’histoire d’un couple d’ouvriers qui mesure la quantité de bonheur qu’il peut s’offrir quinze jours par an.
C’est une histoire d’aliénation.
C’est une histoire d’amour.


Kroetz, avec une douceur surprenante, dessine neuf cartes postales, neufs moments de sérénité et de bonheur presque parfaits, l’écume des jours d’Anna et Karl, leurs « meilleurs souvenirs de Grado ». Bien sûr, derrière cette tranquillité apparente, il y a bien un désastre à l’œuvre. Ou, comme le dit Kroetz lui-même, une « mutilation sociale ». Car au fil des scènes, l’existence estivale d’Anna et Karl révèle ce qu’elle est : une existence soumise et résignée, entièrement tournée vers la consommation, où chaque chose à son prix, et chaque personne, sa place. Et les « vacances » apparaissent pour ce qu’elles sont : un rouage indispensable du dispositif moderne d’exploitation économique. Les vacances, un temps de repos nécessaire à la « reconstitution de la force de travail » (comme disait le vieux Marx), un moment « d’évasion » indispensable pour faire oublier la dureté de la vie, et un marché essentiel du capitalisme contemporain… Au fond, la grande force de la pièce, c’est sans doute de saisir l’aliénation par le travail à partir de son envers, l’aliénation par le loisir. Ce que Kroetz décrit, c’est une oppression douce, presque indolore, une extinction des consciences dans l’abrutissement du tourisme de masse. Dans l’insignifiance tranquille de cette « vacance » à l’italienne, avec ses cartes postales, ses ballades en bateau, ses concerts gratuits et ses séances de farniente, Kroetz saisit le décor factice de nos fuites impossibles.

distribution
texte Franz Xaver Kroetz
mise en scène  Benoît Lambert
scénographie et lumière Antoine Franchet
assisté de  Florent Gauthier
costumes Violaine L. Chartier
réalisation sonore Jean-Pascal Lamand
régie générale  Marc Chevillon
avec
Marc Berman
Martine Schambacher

Né en 1946 à Munich, Franz Xaver Kroetz est une figure majeure de l’écriture allemande. Après de nombreux petits boulots, journalier, chauffeur, infirmier, coupeur de bananes, il a son premier grand succès avec Travail à domicile, créé en 1971 dans sa ville natale. Kroetz est non seulement auteur, mais aussi un acteur et un metteur en scène redoutable sachant trouver ce mélange gagnant entre agressivité et subtilité, rondeur et fausseté, qui fait de ses personnages des êtres humains qui touchent le spectateur au plus profond.


saison
09-10